Echap a deux ans !

Nous venons de faire notre seconde assemblée générale et fêter les deux ans d’Echap ! 🥳

C’est le bon moment pour faire un bilan de notre activité sur l’année passée et parler de nos projets.

Activités de l’année passée

Cette année, nous avons continué notre travail sur les guides de sécurité et confidentialité, tout d’abord en maintenant à jour les guides déjà rédigés (comme par exemple le guide de sécurité pour iPhone ou le guide pour se déconnecter de son ex) mais nous avons aussi publié un nouveau guide de stratégies pour des mots de passe. Nous avons également ponctuellement soutenu des associations sur des questions techniques, ainsi que des personnes victimes de surveillance et accompagnées par des associations.

Un de nos regrets, ce sont les efforts que nous avons déployés pour demander des financements. Notre but initial était de soutenir partiellement notre activité (notamment de formation) via des financements qui n’étaient pas destinés autrement pour les associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Nous avons donc fait deux demandes de financements dans le milieu mécène de la technologie qui nous ont été refusées malgré nos sollicitations relativement modestes. Notre conclusion (qui, pour être honnête, nous met en colère) c’est que pour au moins une partie de la communauté tech, la question des violences domestiques n’est pas un sujet prioritaire. Une nouvelle fois, on retrouve ce problème central : toutes les formes de surveillance n’ont pas la même importance selon qui elles touchent. Les surveillances effectuées par la NSA et les GAFAMs sont considérées comme de la « vraie » surveillance, tandis que les cyber-violences ou la surveillance dans les violences domestiques est visiblement un problème secondaire. Nous n’en pouvons plus de ces deux poids deux mesures dans les communautés hacker et tech. Nous souhaitons adresser un grand merci à des structures comme Exodus Privacy et Solidaires pour leur soutien qui nous a vraiment remonté le moral et encouragé à continuer la lutte.

Ensuite, notre activité principale a été de préparer et lancer notre activité de formation. Nous avons maintenant un catalogue de formations à destination d’associations (si vous êtes une association et que le coût des formations est un problème, envoyez nous un e-mail, nous en discuterons). Nous avons organisé une première formation gratuite en ligne à destination d’associations en janvier 2022 et ce fut une réussite. Le nombre d’inscriptions a confirmé le besoin fort et urgent qu’il y a de former des personnes au sein de structures et les retours que nous avons reçu ont permis d’appuyer que nous étions sur la bonne voie avec ce travail. Nous continuerons donc de l’améliorer autant que possible ! Nous avons maintenant plusieurs pistes de formations pour le printemps 2022.

Enfin, nous avons également passé du temps à installer des outils pour nous aider, comme Zammad pour gérer des communications ou Matomo pour suivre le trafic sur notre site de manière respectueuse de la vie privée. Nous avons également rencontré et échangé avec plusieurs associations travaillant sur les mêmes sujets (notamment lors de conférences organisées par Digital Defenders Partnership), cela nous a permis d’avoir davantage de perspectives féministes intersectionnelles sur ce sujet, d’avoir un sentiment de cohésion, de légitimité et de la force pour continuer à œuvrer dans la lutte contre les violences sexistes. Fières d’appartenir à une internationale hacker-féministe ✊.

Bilan financier

Cette année, nous avons eu un budget de 3248.76€ constitué à 88% de dons (merci <3). Nous avons réinvesti 1349.19€, principalement dans des prestations de graphisme ainsi qu’en payant les formatrices de notre formation en janvier. Il nous reste un excédent de 1899.57€ qui nous permet d’avoir un fonds de roulement pour gérer nos dépenses dans les années à venir.

Et pour la troisième année ?

Nos principaux objectifs pour l’année prochaine sont tout d’abord de proposer des formations régulières à des associations tout en perfectionnant le contenu, les méthodes et les moyens pédagogiques de ces formations. Nous avons déjà plusieurs projets de formations à destination des associations pour les mois à venir (envoyez-nous un e-mail si cela vous intéresse).

Ensuite, nous allons bien entendu continuer notre travail sur les guides, mais également continuer à fournir du support à la demande à des associations sur des points techniques n’apparaissant pas dans nos guides. Nous avons déjà effectué ponctuellement cette activité l’an passé, et nous voulons voir si ce modèle répond à un vrai besoin pour les associations en complément de nos formations.

Enfin, nous avons maintenant un modèle de fonctionnement et un collectif qui nous paraissent solides après avoir travaillé ensemble pendant deux ans. Nous souhaiterions donc agrandir notre collectif en incluant de nouveaux membres.

Pour finir, nous souhaitons encore adresser un grand merci à toutes les personnes qui nous soutiennent et nous ont soutenues. Ça nous fait chaud au cœur ! Un merci également à toutes les personnes qui nous inspirent à continuer notre travail malgré les difficultés que nous rencontrons.

Cycle de conférences en ligne sur les violences faites aux femmes et la technologie

Nous avons eu le plaisir de participer à une série de webinars en anglais et espagnol organisée par Digital Defenders Partnership. Ces conférences courtes ont réuni douze organisations autour du monde sur le thème des lignes téléphoniques de soutien féministes sur les violences faites aux femmes et la technologie.

Au cours de ces conférences, nous avons eu le plaisir de rencontrer et d’échanger avec des organisations inspirantes comme Luchadoras au Mexique, SaferNet au Brésil ou encore AWASK KBO en Indonésie. Ces conférences nous ont apporté des ressources et idées intéressantes et nous ont permis de mieux comprendre comment des problèmes similaires sont combattus ailleurs dans le monde. Elles nous ont aussi rappelé que nous faisons partie d’une lutte internationale féministe, et que l’on soit à Bangkok, Sao Polo ou Paris, les femmes subissent des violences similaires dans lesquelles bien souvent la technologie est utilisée.

Vous pouvez retrouver ces vidéos en anglais et espagnol sur le site de Digital Defenders Partnership.

Britney Spears et la surveillance d’iPhones

Cet article mentionne des violences sexistes et une situation de contrôle et de surveillance abusive.

Depuis plusieurs semaines, nous sommes nombreux-euses à suivre les révélations sur la fin de tutelle de Britney Spears et découvrir en détail les nombreux abus qu’elle a subi par son père, qui a eu sa tutelle juridique pendant plus de 13 ans. Dans une situation de contrôle constant de sa vie, du choix de la couleur des placards à une interdiction de se marier ou avoir des enfants, avec une obligation de train de vie intenable en travaillant sept jours sur sept dans des shows à Las Vegas pendant des années, elle a vécu un véritable calvaire qui va enfin pouvoir prendre fin avec le jugement rendu le 29 Septembre à Los Angeles (vous pouvez lire plus de détails là dessus sur Le Monde ou Mediapart).

Ce contrôle constant s’est assorti d’une surveillance numérique, à le fois via des microphones cachés dans sa chambre mais aussi par une surveillance constante de son iPhone via le compte iCloud (comme décrit par le New York Times – en anglais). Cet article explique en détail comment cette surveillance fonctionne et comment s’en prémunir.

Le compte iCloud et la synchronisation

Comme beaucoup d’appareils aujourd’hui, nos téléphones partagent certaines de nos données à notre insu, et il est souvent difficile de savoir exactement ce qui se passe sous l’écran. Les iPhones par exemple synchronisent par défaut une partie des informations du téléphone (messages, contacts, etc.) avec le compte iCloud (la plateforme d’Apple permettant le stockage de données). Un iPhone doit obligatoirement être relié à un identifiant Apple pour pouvoir fonctionner et le compte iCloud attaché à celui-ci reçoit automatiquement des informations du téléphone afin de les sauvegarder et de les partager entre les différents appareils reliés à ce compte iCloud. Ainsi, si vous avez un iPhone et un iPad reliés au même compte iCloud, vous avez automatiquement accès sur les deux appareils aux mêmes données.

Si vous avez un iPhone, vous pouvez voir le compte iCloud utilisé dans Réglages en cliquant sur votre nom en haut de la page.

Vous pouvez également voir les applications qui synchronisent des informations en cliquant sur iCloud, et activer ou désactiver ce partage :

Bien que pratique dans beaucoup de cas, cette fonctionnalité peut être utilisée de plusieurs façons afin d’avoir accès une très large partie des informations de votre téléphone. Il est par exemple possible de rajouter un autre téléphone connecté au même compte iCloud et il suffira ensuite d’attendre de recevoir les informations en quasi-temps réel du téléphone surveillé (il s’agit de la stratégie utilisée par Jamie Spears). C’est également la stratégie adoptée par la plupart des vendeurs de logiciels espions pour téléphone : sur iPhone, il est très difficile d’installer un logiciel espion. Ils demandent alors le login et mot de passe du compte iCloud et surveillent le téléphone à partir de ce compte à la place.

Il est donc primordial de sécuriser son compte iCloud pour sécuriser un iPhone.

Comment s’assurer qu’on n’est pas surveillé

Pour sécuriser votre compte iCloud, il faut vérifier plusieurs choses. Tout d’abord, vérifiez de quel compte il s’agit, et que toutes les informations associées au compte (numéro de téléphone, adresse e-mail) vous appartiennent et sont sécurisées. Pour cela, allez dans Réglages, cliquez sur votre nom en haut de la fenêtre, vous verrez ensuite l’adresse e-mail du compte iCloud apparaître sous votre nom. Cliquez sur « Nom et coordonnées » et vérifiez que toutes les informations entrées sont correctes :

Ensuite, retournez sur la page de votre identifiant Apple, et vérifiez que vous connaissez tous les appareils listés en bas de cette page.

Enfin, il est crucial que personne n’ait accès au mot de passe de votre compte. Vous pouvez le modifier en allant dans Réglages, cliquez sur votre nom en haut de la page, puis allez dans Mot de passe et sécurité > Modifier le mot de passe.

L’authentification à deux facteurs est une très bonne option à activer, elle ajoute un code envoyé par SMS à votre numéro de téléphone à chaque fois que vous aurez besoin de vous connecter à votre identifiant Apple. Donc une personne ayant volé votre mot de passe ne pourra pas accéder à vos données sans avoir accès à ce code qui vous sera envoyé par SMS.  Pour configurer l’identification à deux facteurs, allez à nouveau dans Réglages > Votre Compte > Mot de passe et sécurité. Si l’identification à deux facteurs n’est pas activée, cliquez sur « Activer l’identification à deux facteurs ». Inscrivez ensuite le numéro de téléphone que vous souhaitez utiliser, vous allez recevoir un code par SMS qu’il vous faudra entrer dans votre téléphone.

Si jamais une personne essaie de se connecter à votre identifiant Apple par la suite, vous recevrez une notification sur votre téléphone.

Vous pouvez retrouver ces indications dans la page d’aide Apple « Si vous pensez que la sécurité de votre identifiant Apple a été compromise ».

Vérifier les accès à un compte iCloud sur un ordinateur Mac

Si vous possédez un ordinateur Mac, vous pouvez également vérifier les appareils connectés à un compte iCloud depuis celui-ci. Pour cela, allez dans Paramètres, et cliquez sur iCloud.

Dans cette nouvelle fenêtre, cliquez sur Informations du compte, puis allez dans Appareils.

Si vous ne reconnaissez pas un appareil, cliquez sur celui-ci et cliquez sur « Supprimer du compte ».

#FreeBritney

Vous pouvez retrouver toutes ces vérifications dans notre guide de sécurité pour iPhone.

And they say she’s so lucky (so lucky), she’s a star
But she cry, cry, cries in her lonely heart, thinking
If there’s nothing missing in my life
Then why do these tears come at night?

Britney Spears – Lucky

Lettre ouverte à l’attention de la Free Software Foundation

Nous avons signé cette lettre ouverte demandant la révocation du conseil d’administration de la Fondation pour le logiciel libre (FSF) ainsi que le retrait de Richard M. Stallman de tous les postes de direction, y compris du projet GNU.

Cette lettre fait suite au retour de Richard Stallman au conseil d’administration de la FSF plus tôt cette semaine, à la grande surprise de la communauté du logiciel libre. RMS avait démissioné de ce poste en Septembre 2019 sous la pression de la communauté. RMS est connu depuis de longues années pour son comportement déplacé envers les femmes, et a exprimé plusieurs fois des propos inacceptables sur le viol et la pédophilie.

Réintégrer RMS au conseil d’administration de la FSF est incompatible avec les idéaux même de la FSF et le besoin impérieux de supprimer les comportements sexistes au sein des communautés du logiciel libre. 

Nous avons pris la liberté de traduire le texte de cette lettre ouverte en français pour plus d’accessibilité.

Richard M. Stallman, fréquemment connu sous le nom de RMS, est depuis longtemps une menace dans la communauté du logiciel libre. Il s’est montré misogyne, validiste et transphobe, parmi d’autres accusations graves de conduites inappropriées. Ce genre de croyances n’a pas sa place dans les communautés du logiciel libre, des droits numériques et de la tech. Suite à sa récente réintégration au sein du conseil d’administration de la Free Software Foundation, nous demandons que l’ensemble du conseil d’administration de la FSF démissionne et que RMS soit démis de toutes ses fonctions de direction.

Nous, les soussigné·e·s, croyons en la nécessité de l’autonomie numérique et au rôle important que joue la liberté des utilisatrices et utilisateurs dans la protection de nos droits humains fondamentaux. Afin de mettre en œuvre la vision de tout ce que les logiciels libres rendent possible, il doit y avoir un changement radical au sein de la communauté. Nous croyons en un présent et un avenir où toutes les technologies donnent du pouvoir aux gens, au lieu de les opprimer. Nous savons que cela n’est possible que dans un monde où la technologie est construite pour respecter nos droits à ses niveaux les plus fondamentaux. Bien que ces idées aient été popularisées d’une certaine façon par Richard M. Stallman, il ne parle pas en notre nom. Nous n’approuvons pas ses actions et ses opinions. Nous ne reconnaissons pas son leadership ni celui de la Free Software Foundation telle qu’elle existe aujourd’hui.
Il y a eu suffisamment de tolérance envers les idées et le comportement répugnants de RMS. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une seule personne ruiner le sens de notre travail. Nos communautés n’ont pas de place pour des personnes comme Richard M. Stallman, et nous ne continuerons pas à tolérer son comportement, à lui donner un rôle de leader, ou à le considérer comme acceptable, lui et son idéologie blessante et dangereuse.

Nous demandons la démission de l’ensemble du conseil d’administration de la Free Software Foundation. Ce sont ces gens qui ont donné moyens et pouvoir à RMS pendant des années. Ils nous le montrent à nouveau en lui permettant de réintégrer le conseil de la FSF. Il est temps pour RMS de se retirer des communautés du logiciel libre, des questions éthiques autour de la tech, des droits numériques et des communautés tech car il ne peut pas avoir le rôle de guide dont nous avons besoin. Nous demandons également que Richard M. Stallman soit retiré de tous les postes de direction, y compris au sein du projet GNU.

Nous demandons instamment à ceux qui sont en mesure de le faire de cesser de soutenir la Free Software Foundation. Refusez de contribuer aux projets liés à la FSF et à RMS. Ne faites pas de présentation et n’assistez pas aux événements de la FSF, ou aux événements qui accueillent RMS et l’intolérance qu’il porte avec lui. Nous demandons aux contributeur·ice·s aux projets de logiciels libres de prendre position contre les idées réactionnaires et la haine au sein de leurs projets. En faisant tout cela, dites pourquoi à ces communautés et à la FSF.

Nous avons détaillé plusieurs incidents publics du comportement de RMS. Certain·es d’entre nous ont nos propres histoires au sujet de RMS et de nos interactions avec lui, des choses qui ne sont ni enregistrées dans des fils de discussion ni dans des vidéos. Nous espérons que vous lirez ce qui a été partagé et que vous prendrez en compte le mal qu’il a fait à notre communauté et aux autres.

Pour signer, veuillez envoyer un courriel à digitalautonomy at riseup.net ou soumettre une pull request.

Echap a un an !

Notre logo (fait par _lila*)

Nous venons de faire notre première assemblée générale et de fêter le premier anniversaire de l’association Echap. 

Cette année a été une année de test pour nous. Nous avons passé beaucoup de temps à lire, réfléchir, et discuter pour avoir une vision claire des différents scénarios d’utilisation de la technologie dans des relations abusives. Nous avons concentré une bonne partie de nos efforts sur la rédaction de neuf guides, qui sont accessibles en ligne gratuitement sous licence CC-BY-NC-SA

Dès la rédaction de nos premiers guides, nous avons contacté et commencé à discuter avec plusieurs associations travaillant avec des personnes victimes de violences, afin de leur parler de notre travail et partager avec elleux nos guides. Nous avons reçu des retours très positifs qui nous ont permis de mieux comprendre la problématique et d’améliorer nos supports. Dans le cadre d’un programme de formation organisée par le centre Hubertine Auclert, nous avons également dispensé un module de formation. 

Bilans financiers

Nous avons eu un budget de 2581.75€ pour cette première année, provenant à 80% de dons (merci <3) et 20% de prestations de formation. Nous avons utilisé ce budget pour financer le design de nos guides en pdf (à venir) et également rémunérer le travail des personnes qui ont dispensé une formation. Nous avons un excédent de 866€ que nous comptons utiliser cette année dans nos projets.

Perspectives pour l’année à venir

Il nous apparaît clairement qu’il y a un manque de connaissances accessibles sur ce sujet et beaucoup d’associations sont à la recherche de formations. Nous allons donc axer notre travail de cette année sur des formations pour les associations qui travaillent avec des femmes victimes de violences.

Ces formations et guides sont une première étape, mais il nous semble indispensable de pouvoir également fournir du soutien sur des questions techniques à la demande d’autres structures. Nous sommes à la recherche de soutiens financiers institutionnels (entreprises, fondations, fonds publics…) afin de financer cette activité (n’hésitez pas à nous envoyer un email si vous souhaitez nous soutenir).

Ces deux activités nous permettront de continuer d’améliorer nos formations et nos supports que nous mettrons à la dispositions de tou·te·s.

Nous soutenir

Nous avons décidé de continuer de fonctionner avec une petite équipe et ne sommes pas à la recherche de bénévoles pour le moment. Si vous souhaitez nous apporter du soutien, vous pouvez :   

Contre la mise en concurrence de la ligne d’écoute 3919

À l’issue du grenelle de Septembre 2019, le gouvernement s’est engagé à ouvrir la ligne nationale d’écoute 3919  24h/24H et 7 jours sur 7 suite à la demande de nombreuses organisations. ll veut maintenant faire une mise en concurrence de ce service par le biais d’un marché public, ce à quoi toutes les associations s’opposent.

Le 3919 est géré depuis 1992 par la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), une fédération de 73 associations de terrain qui luttent contre les violences faites aux femmes. Cette ligne est un outil central de la lutte contre les violences faites aux femmes en France, et accompagne plus de 2000 victimes par semaine. Elle a vu une augmentation de son activité quasiment tripler pendant le premier semestre 2020, due au confinement.

Les violences faites aux femmes ne sont pas un marché. La mise en concurrence représente une logique de rendement et de compétition entre les structures, incompatibles avec la lutte contre les violences faites aux femmes. La FNSF et son réseau possèdent une connaissance détaillée des différents dispositifs de soutien pour les femmes victimes de violences. Faire de l’écoute et de l’accompagnement de victimes demande une formation, des qualifications et d’avoir le temps nécessaire à cette écoute. Il est impensable d’y voir associés des objectifs quantitatifs, ou même pire, de rentabilité.

Nous soutenons pleinement les pétitions et communiqués demandant au gouvernement de renoncer à cette mise en concurrence. La Fédération Nationale Solidarité Femmes et les signataires du communiqué de la fédération demandent au gouvernement de renoncer à ce marché public et d’instaurer à la place une convention pluriannuelle d’objectifs et de moyens avec la FNSF et les autres associations partenaires de la ligne d’écoute nationale.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le communiqué de la FNSF ou cet article sur BastaMag. Vous pouvez également signer avec nous la pétition sur change.org.

Echap rejoint la Coalition contre les Stalkerware

On appelle « stalkerware » des logiciels espions pour téléphones ou ordinateurs vendus afin d’espionner des conjoint-e-s souvent dans des relations abusives.

Pour participer à la lutte contre ce marché abject, nous avons rejoint la coalition contre les stalkerware. Cette coalition est une organisation informelle qui regroupe des entreprises dans le domaine de la sécurité informatique et des organisations travaillant sur la question des violences faites aux femmes (comme le centre francilien Hubertine Auclert).

La coalition a produit des ressources pour expliquer ce que sont les stalkerware, comme cette vidéo :

Nous avons rédigé un guide « Identifier des signes de la présence d’un logiciel espion sur Android » qui est une première étape pour aider à identifier les stalkerware en français. Rejoindre cette coalition va nous permettre de continuer notre travail sur ce sujet.

Interview dans Korii

Nous avons été interviewées par Elsa Gambin pour Korii sur la création de notre association et sur les violences numériques. En voici un extrait :

Quand on n’a pas soi-même expérimenté une situation de cyberviolence, on ne se rend pas forcément compte de ce que connaissent les victimes et de ce qui est important pour elles. On pense qu’il faut combattre la surveillance de masse, mais aussi s’attaquer à l’utilisation abusive de la technologie contre les minorités. Le numérique ne doit pas devenir un énième outil de domination.

Vous pouvez lire l’article complet sur Korii : Echap, des outils pour aider les femmes à s’émanciper des cyberviolences.

Merci à Elsa Gambin pour son travail.

À propos de la fonctionnalité « Notifications Covid-19 » apparue sur nos téléphones

Nous avons vu plusieurs personnes sur les médias sociaux être inquiètes à cause de l’apparition de la fonctionnalité « Notification Covid-19 » sur leur téléphone Android ou iPhone. Voici donc un court article pour expliquer ce que c’est et pourquoi ce n’est pas un problème.

Capture d'écran d'un smartphone décrivant le fonctionnement du service "Notifications COVID-19"
"Pour activer les notifications d'exposition au COVID-19, ouvrez une application disponible.
Votre téléphone doit utiliser le Bluetooth pour collecter des ID aléatoires et les partager avec d'autres téléphones à proximité de manière sécurisée. Ces ID aléatoires sont automatiquement supprimés après 14 jours.
La localisation de l'appareil doit être activée pour que les appareils Bluetooth à proximité puissent être détectés. Toutefois, le système de notifications d'exposition au COVID-19 n'utilise pas la position de l'appareil.
L’application peut vous avertir si vous vous êtes trouvé à proximité d'une personne ayant signalé un résultat positif au test de dépistage du COVID-19.
La date et la durée d'une exposition ainsi que la proximité physique, révélée par l'intensité du signal, seront partagées avec l'application.
Si vous êtes testé positif au COVID-19, vous pouvez choisir de partager les ID aléatoires de votre téléphone avec I'application que vous avez au préalable autorisée, afin que celle-ci puisse envoyer des notifications sur d'autres téléphones de manière anonyme."

Capture d’écran Notifications COVID-19 sur Android (dans Paramètres > Google > Notifications d’exposition COVID-19)

COVID-19 et la solution Apple/Google pour le traçage de contacts

Beaucoup de pays ont émis l’idée d’utiliser une application pour smartphone afin de tracer les contacts entre les personnes et identifier des personnes porteuses du COVID-19 et asymptomatiques. La principale solution qui a été développée se base sur des messages envoyés par Bluetooth. Le Bluetooth est un protocole de communication sans fil de courte portée (souvent utilisé pour connecter des enceintes à un smartphone, par exemple). L’idée est de l’utiliser pour émettre des messages en permanence et enregistrer les messages des smartphones à proximité. Lorsqu’une personne est identifiée porteuse du COVID-19, ses messages sont utilisés pour alerter les personnes qu’elle a croisées qu’elles peuvent être à risque.

Il y a eu beaucoup de débats autour de la façon de mettre en place ce système et vous pouvez lire sur le traçage anonyme, les arguments de La Quadrature du Net ou cet article du Monde par exemple. En ce qui concerne le traçage, un problème qui s’est posé c’est que les applications ne peuvent techniquement pas utiliser le Bluetooth en arrière plan à cause de limitations posées par Apple et Google. Pour répondre à ça, Google et Apple ont mis en place un service qui peut être utilisé par certaines applications. Ce service appelé « Notifications COVID-19 » a été déployé en mai sur la majorité des téléphones Android et iPhone.

Le service « Notifications COVID-19 » ne fait rien si vous n’avez pas installé une application qui l’utilise. Donc si vous n’installez pas une application de traçage de contacts, le service n’est pas activé et ne change rien à la sécurité de votre téléphone.

Et en France ?

La France a mis en place cette semaine une application de traçage de contacts pour iPhone et Android appelée StopCovid. Nous avons beaucoup de critiques vis à vis de cette application. À notre sens, l’approche dans son développement est problématique, et elle n’offre aujourd’hui pas de garantie sur l’anonymat des données recueillies. Nous avons également peu de recul sur les abus qui peuvent être commis lors de son utilisation, notamment dans le cadre de violences faites contre les femmes.

Libre à chacune de peser les avantages et inconvénients de cet outil. Dans notre collectif tout le monde a décidé de refuser de l’utiliser à cause du manque de garantie de sécurité pour notre vie privée.

Dans tous les cas, l’application StopCovid n’utilise pas le service « Notifications Covid-19 » mis en place par Apple et Google. Même en utilisant l’application, cette fonctionnalité dans votre téléphone est inactive et ne change donc rien à sa sécurité.

En résumé

En résumé, cette fonctionnalité apparue dans les téléphones Android et iPhone est inactive par défaut et ne change en rien la sécurité de votre appareil. Si vous êtes en France, l’application StopCovid n’utilise pas non plus cette fonctionnalité, donc il est assez improbable qu’elle soit un jour utilisée sur votre téléphone. Quant à l’application StopCovid, nous recommandons de ne pas l’installer, mais libre à vous de vous faire votre propre opinion.